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A pas de loup

Afin de partager mes séjours, je ferai, sur ces pages, des infidélités à mon traditionnel carnet de voyage tout rabougris. J'espère que ces lignes vous donneront, à votre tour, l'envie de parcourir les chemins !

VELO ROUTE PYRENEES (06) - TARASCON SUR ARIEGE / TAURINYA

Publié le 7 Novembre 2015 par Fils de Loup in Vélo route (Pyrénées)

Jeudi 13 août 2015

« AU REVOIR L'FACTEUR »

 

Dénivelé : + 4293 mètres              Distance : 147,22 km

 

Au réveil, le temps est couvert. Si le soleil nous a généreusement accompagné pendant les 4 derniers jours, aujourd’hui, il en sera tout autre. Le ciel est bien gris et la météo annonce des orages pour la journée. Nous quittons Tarascon en empruntant la route des corniches. Après une ascension aussi courte que raide (et par conséquent bien casse-pattes) nous roulons à flanc de montagne, juste au dessus de la vallée, tout en traversant de nombreux petits villages. Malheureusement pour nous, le ciel se fait de plus en plus menaçant. Le vent se lève brusquement et, inévitablement, la grosse pluie d’orage nous cueille. Peu enchantés à l’idée de ramasser des seaux d’eau sur la tronche, nous faisons demi-tour et profitons d’un porche dans un petit village pour laisser passer l’orage. Nous hésitons sur les différentes options qui s’offrent à nous. Soit nous repartons par la route initialement prévue (mais le passage à plus de 2000 mètres du col de Pailhères n’est pas rassurant). Soit nous contournons par la vallée (mais cela nous rallonge or c’est aujourd’hui qu’il y a le plus de kilomètres au programme). Ou bien nous faisons une journée de repos à Tarascon (mais nous perdons une journée sur le timing). Finalement, au bout d’une demi-heure, la météo décide pour nous. L’orage est parti aussi vite qu’il est arrivé. Nous repartons donc sur le tracé initial…et sous un beau ciel bleu !!! Une mauvaise nouvelle vient tout de même refroidir nos ardeurs. Florian ressent de plus en plus une douleur costale. Cela pourrait passer mais la douleur n’apparaît qu’à l’effort et du côté du cœur. Prudence est mère de sureté. D’autant plus qu’il attend un heureux évènement dans quelques mois. Nous perdons notre facteur. Nous ne verrons plus ce beau cadre acier jaune, agrémenté d'une sacoche car Florian redescend vers Ax-les-Thermes pour prendre un train qui le ramènera à Nantes tandis que Max, Vianney et moi arrivons au col de Marmare (1361 m). Le soleil finit de nous sécher et de nous réchauffer car pendant l’orage, la température avait fortement chuté. Quelques kilomètres plus loin, nous atteignons le col du Chioula (1431 m). Devant nous, 7 km d’une belle descente nous conduisent au pied du 2ème plus haut col de notre parcours, le col de Pailhères (2001 m). Nous nous arrêtons à son pied, au village d’Ascou, pour faire le plein d’eau et c’est parti pour 15 km de bonheur ! La montée est difficile et présente de forts pourcentages. La traversée de la station d’Ascou-Pailhères, une longue ligne droite à 10%, est interminable. De plus, la faim nous tiraille. Nous avons roulé 60 km depuis le départ, il va être temps d’avaler quelque chose. Nous nous arrêtons à 600 mètres du sommet pour acheter des sandwichs dans une petite auberge que nous qualifierons ….d’étrange. Je me sens comme Nicholas Hawthorne dans le livre "Piège nuptial" de Douglas Kennedy. Nous ne nous attardons pas trop et repartons le ventre bien plein (et c’est bien le principal). Le brouillard nous surprend au sommet et ne nous quittera qu’après avoir passé les premiers lacets de la descente. La route est encore longue jusqu’au gîte de Taurinya. Il nous reste une bonne soixantaine de kilomètres, dont 3 cols, à parcourir. Les jambes sont lourdes mais il faut avancer. Nous passons le col des Moulis (1099 m). Une petite descente plus tard, nous repassons tout à gauche, petit plateau grand pignon et nous voilà au col de Garavel (1256 m). Nous sommes dans le brouillard, il fait froid et devant nos yeux ébahis, un gringalet sort de nulle part. Torse nu et basket au pied sur son vieux vélo Peugeot, il nous glisse un timide "bonjour" avant de disparaitre dans la brume !!! Nous lui emboitons le pas. Il ne nous reste plus qu’un col à franchir. Le col de Jau (1506 m) est la dernière difficulté du jour. Après 10 km d’effort, nous arrivons au panneau salvateur pour la traditionnelle photo souvenir. Maintenant, place à 15 km d’une descente magnifique. Nous traversons les villages de Mosset, Moltig-les-Bains, Cattlar en surplombant les ravins du Sola et de Fournouls. De l’autre côté du ravin, nous pouvons voir le réseau de tours à signaux qui remontait de Mosset jusqu'au col de Jau, ainsi que les ruines de la forteresse de Paracolls. Il n’y a pas à dire, le pays Cathare est splendide et chargé d’histoire. Nous arrivons au terme de la descente à Prades. 5 km nous séparent du gîte. Malheureusement (car ce n’était pas prévu), ce sont 5 km de côte !!! Nous devons encore gravir 300 mètres de D+ avant de profiter d’un repos bien mérité. Nous arrivons au gîte sous les vivats d’un sympathique groupe de randonneurs. Après leur avoir parlé de notre étape dantesque (147 km pour 4300 m de D+) ils insistent (pas trop longtemps quand même) pour nous offrir une bière ! Une douche et un copieux repas plus tard, nous nous glissons dans nos lits. Pour demain, le profil est simple. Une immense descente jusqu’à la Méditerranée. Dans un jour, notre traversée des Pyrénées sera terminée. Mais avant ça, place à la récup ! 

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