Vendredi 14 août 2015
« DERNIERE LIGNE DROITE »
Dénivelé : + 1324 mètres Distance :123,08 km
Enfin un matin où rien ne presse. Pas de réveil, pas d’heure fixée pour le départ, nous partirons quand bon nous semblera. Il faut dire qu’après avoir avalé du D+ à la pelle sur les 6 derniers jours, le profil de l’étape du jour nous le permet. Ce dernier ressemble à une longue descente qui nous conduira droit sur les plages de la Méditerranée. Bon, il y a tout de même quelques bosses sur le parcours, il ne faudrait pas oublier que l’on roule en montagne ! Nous quittons le gîte en milieu de matinée. Nous récupérons le tracé initial que l’on avait quitté la veille à Prades puis bifurquons plein Est, droit sur la mer. Nous empruntons une portion de route nationale en faux-plat descendant et avec un vent de dos. Le compteur ne descend pas sous les 45 km/h. Plus de 40km sur la première heure, on explose la moyenne des 6 premiers jours ! Au bout d’une légère côte, nous tombons sur un panneau indiquant le col de Ternère (233 m). Ce sera notre 24ème et dernier col de la semaine. Après avoir quitté la nationale, nous roulons sur une petite route parallèle qui traverse de nombreux villages de l’arrière-pays catalan : Bouleternère, Thuir, Llupia, Terrats, Fourques… Nous ne nous arrêtons que pour jeter de rapide coup d’œil sur la carte et après s’être assuré de la bonne direction à prendre, nous repartons. Même si de nombreuses bosses ponctuent le tracé, la vitesse reste relativement élevée. Nos cuissots ont eu de quoi se préparer avec les étapes des jours précédents. Nous commençons à apercevoir la mer droit devant. Banyuls-dels-Aspres, Saint-Génis-des-Fontaines, Laroque-des-Albères et enfin Argelès-sur-Mer. Nous y sommes. Il est midi et nous faisons face à la mer. L’océan est 800 km derrière nous. Nous nous arrêtons dans une petite boulangerie pour manger un peu puis repartons sur la route du littoral, sous un soleil méditerranéen. Il fait une chaleur étouffante et la route est loin d’être plate mais il suffit de tourner la tête vers la gauche pour reprendre du poil de la bête. L’eau scintillante, cette même eau que nous cherchons à atteindre depuis 7 jours est toute proche, à portée de main ! La route côtière est en fait une succession de petites côtes. Soit on monte, soit on descend mais il n’y a pas un mètre de plat. Nous arrivons à Collioure puis à Port-Vendres. C’est ici que nous dormirons pour les 3 prochaines nuits. Maxime et Vianney décident de s’arrêter là. Quant à moi, j’ai bien l’intention d’aller jusqu’à la frontière espagnole. Il me reste 34 km (aller-retour) pour rejoindre Cerbères et boucler cette traversée. Mais au bout de 200 mètres, je frôle la catastrophe en percutant un gamin qui déboule devant moi sur sa trottinette. J’ai évité des chiens agressifs, des vaches, des moutons et même des lamas, j’ai roulé sous l’orage et il faut que je percute un inconscient qui traverse sans regarder. Heureusement, plus de peur que de mal. C’est même miraculeux après le vol plané qu’il a fait ! Je me demande d’ailleurs comment j’ai réussi à rester sur mon vélo ! Bref, je repars le long de la mer. C’est magnifique. Que de chemin parcouru depuis le départ pluvieux d’Hendayes. Me voilà à Banyuls-sur-Mer. Petite séquence nostalgie en repassant devant le panneau de fin du GR10. Il y a 3 ans je finissais une autre traversée des Pyrénées, à pied celle-là, via le GR10. La route s’élève, redescend, remonte et enfin plonge sur Cerbères, dernier village avant l’Espagne. Je m’arrête au bar "La Dorade", connu de tous les adeptes du raid pyrénéen, pour descendre une petite bière, la bière de la victoire !!! Dernier coups de pédale, je fais demi-tour et retourne à Port-Vendres. Voilà, c’est fini. Après 865 km sur le vélo, 24 cols franchis et une infinité de souvenirs en tête… Mais déjà, une idée commence à pointer le bout de son nez… Il doit bien y avoir une traversée à faire du côté des Alpes, non ???
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