Dimanche 27 mai 2012
« WILSON »
Dénivelé : +876 -1679 Durée: 6h40
La nuit a été très froide. Comme les pourtours du refuge étaient gorgés d’eau, nous avions installé la tente sur des palettes pour rester au sec. Nous n’avions pas pensé que le vent s’engouffrerait sous les palettes et refroidirait considérablement la température dans la tente. Au réveil, cette dernière n’excède pas les 6 degrés ! Nous nous levons à 6h00 et quittons le refuge à 7h20 sous un soleil radieux. Après une brève grimpette nous arrivons à Bocca di Fuciale (1962 m). Avec le soleil qui monte progressivement, la fraîcheur laisse place à une douceur des plus agréables. Nous ne sommes pas les seuls à en profiter car nous surprenons plusieurs mouflons avec leurs petits. Nous descendons légèrement puis suivons ensuite une ligne de niveau pour arriver aux bergeries d’U Vallone (1440 m). A partir de là, le chemin s’élève brutalement. Fini la petite sente de terre dans la forêt, nous arrivons dans une zone où la roche est reine. Sous le soleil qui tape fort maintenant, l’ascension est rude. Nous arrivons au refuge de Tighjettu (1683 m). Nous y faisons une rapide halte et repartons prestement. En effet, le gardien a eu la bonne idée de nous attendre pour brûler ses ordures et démarrer son groupe électrogène. Mmmmhhh, le bon air pur de la montagne ! Nous repartons donc rapidement à travers un vaste pierrier. Chaque pas est assuré par des prises manuelles, que ce soit pour se guider ou pour se hisser. L’ascension est longue et harassante. Nous parvenons enfin à Bocca Minuta (2218 m). Nous avons avalé les 600 mètres de D+ en une heure seulement ! Une pause s’impose. Nous dévorons un demi-saucisson et la moitié d’un fromage de brebis. Il nous reste maintenant à passer le fameux cirque de la solitude. Ce cirque a fait la réputation du GR20. Les parois sont vertigineuses et le contraste est saisissant. Ici, le GR20 plonge dans des éboulis instables, pour parvenir au point le plus bas du cirque, 200 mètres de dénivelé plus bas, par des passages sur dalles rocheuses équipées de chaînes et d'échelles. Ensuite, il faut remonter ! La descente est ultra technique et le moindre faux pas peut s’avérer fatal. Sous nos pieds, les cailloux roulent et nous obligent à redoubler de prudence. Nous traversons quelques névés puis arrivons ensuite sur de grandes roches lisses qu’il faut traverser à l’aide de chaînes. Nous ne sommes plus dans de la randonnée classique mais bel et bien dans de l’alpinisme ! Au fond du cirque, nous paraissons tout petit au pied de ces imposantes masses rocheuses. Ici, les pierres sont violettes, symbole de l’ancienne activité volcanique de la chaîne. Il faut ensuite remonter. Nous escaladons les roches et slalomons entres les à-pics. Les chaînes nous aident énormément et les bras travaillent autant que les jambes. Il ne nous reste plus qu’une longue cheminée à passer et nous serons ressortis du cirque. La fatigue se fait sentir mais la progression est linéaire. Nous voici enfin à Bocca Tumasginesca (2183 m). La fierté prédomine quand on se retourne sur ce que nous venons de franchir. Le reste de saucisson et de fromage n’y résistent pas ! Il ne nous reste qu’une longue descente jusqu’à la station de ski de Haut Asco. Nous nous installons au refuge d’Asco Stagnu (1422 m). Un orage est prévu pour la nuit, nous décidons donc de demeurer au sec dans les dortoirs. Cerise sur le gâteau, pour la deuxième fois depuis notre départ, nous allons pouvoir jouir de douches chaudes !
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