Mardi 24 avril 2012
« VOTEZ POUTOU »
Dénivelé : +2439 -1359 Distance: 47 km
Après une soirée bien arrosée, la nuit passée à St Jean, dans une chambre de pèlerin, chez l’habitant, a été des plus bénéfiques. Le réveil sonne à 8h00 et nous descendons prendre le petit déjeuner dans la cuisine. Nous y retrouvons le couple de petits vieux qui habitent ici et une infirmière venue donner des soins au patriarche. Et tout ce petit monde se parle en basque ! C’est dans cette ambiance sympathique que nous prenons notre petit déjeuner. Il va falloir être costaud aujourd’hui car le profil de l’étape nous promet de belles côtes à grimper. Nous quittons St Jean à 9h15, direction Caro, en suivant le balisage du GR10. Les kilomètres défilent et nous décidons de suivre le GR jusqu’à Esterençuby. Dans mes souvenirs, cette portion est entièrement carrossable. Le chemin s’élève petit à petit puis, nous attaquons l’ascension d’une croupe herbeuse. J’ai beau insister pour essayer de la passer à la pédale, je dois rapidement me résoudre à descendre du vélo pour pousser. Au sommet, une piste forestière descend sur une petite dizaine de kilomètres, jusqu’à Esterençuby. Ronan la descend pleine balle, avec la banane tandis que derrière, je suis plus sur la retenue. Même si mon niveau s’améliore, je suis encore loin de pouvoir le suivre quand ça descend. Dans l’avant-dernier lacet, ma roue arrière passe sur une pierre et chasse instantanément. C’est la vautre… La cuisse gauche a tout pris, j’en suis quitte pour un bel hématome. Je reprends le vélo et rejoint Ronan qui m’attendait en bas depuis un bon moment. Encore émoussé par la chute, je repars derrière Ronan mais je fais un faux geste et mon guidon se met complètement en travers. Résultat, je suis éjecté de ma selle et vol par-dessus le vélo. J’atterris la face sur le bitume et le guidon dans le ventre. Deux grosses chutes en 500 mètres, mon moral est au plus bas. Une pause s’impose. Nous nous posons sous le fronton d’Esterençuby et en profitons pour manger. J’en profite pour regarder les traces de mes chutes. Résultat : j’ai ramassé sur le coude droit, la cuisse droite, le genou gauche, la tempe droite et un bel hématome violacé grossit à vue d’œil, au niveau des abdos. Après un rapide coup d’œil sur le topo, nous repartons. Devant nous, ce sont 27 kilomètres de montée, en empruntant un col hors catégorie, qui nous attendent, pour un total de 1100 mètres de dénivelé positif. Petit plateau, grand pignon et c’est parti ! La montée est très physique, surtout en VTT et avec 10 kilo sur le dos, mais les paysages sont magnifiques. Une portion à 20%, sur laquelle Ronan, qui marche à côté de son vélo, avance aussi vite que moi, qui ai décidé de ne pas mettre pied à terre de toute l’ascension. Arrivé au sommet, la neige nous accueille. Après en avoir bavé avec les chutes, les côtes, la fatigue, voilà que nous allons devoir rouler sous la neige ! Nous repartons rapidement, tétanisés par l’effort et le froid et redescendons à un refuge non gardé avec la promesse d’une douche bien chaude. Malheureusement, les sanitaires sont fermés et le refuge s’est bien dégradé depuis la dernière fois que j’y suis passé. Nous nous réchauffons avec un petit chocolat chaud puis décidons d’aller passer la nuit au chalet Pedro, un gîte situé à quelques centaines de mètres. Pour la deuxième fois (après l’édition GR10), nous sommes refoulé sans ménagement par les propriétaires du gite, et ce malgré la tempête de neige qui sévit ! Nous repartons donc, dégoutés, en direction des chalets d’Iraty, au col de Bagargui. 7 kilomètres d’ascension plus tard, nous sommes dans un des chalets. Une bonne douche chaude, un feu de cheminée, une boite de cassoulet et deux bières achetées à l’épicerie du col, nous nous reposons enfin de cette journée de dingue. Pour conclure, le vélo tout à gauche et une part d’irrationalité nous inciteraient presque à voter Poutou :)
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