Vendredi 18 mai 2012
« OCATARINETABELLATCHITCHIX »
Dénivelé : +1163 -160 Durée: 5h45
En cette fin de mois de mai, je rejoins mon compagnon de toujours, Julien, pour faire le mythique GR20, la traversée de la Corse en diagonale, dans le sens sud/nord. Nous sommes censés nous retrouver à la gare de Marseille. Lui partant de Toulouse et moi de Nantes, c’est bien plus pratique. Je quitte donc la cité des ducs de bon matin et … comme une mauvaise habitude, je loupe mon train. Ça commence bien. J’attends un peu et m’incruste dans le train suivant. Les contrôleurs ne mettent pas longtemps à passer et me voilà obligé d’acheter un nouveau billet pour la modique somme de… 200 euros ! SNCF, c’est possible. En plus, la ligne n’est pas directe. Je vais passer la journée dans le train. On est loin de mon Nantes-Marseille initial, en direct et pour 80 euros ! Bref, j’arrive finalement dans la citée phocéenne et y retrouve Julien qui m’a patiemment attendu une bonne partie de l’après-midi. Avant d’embarquer sur notre ferry, GG nous rejoint pour boire un verre. De Salon de Provence, ce n’est pas très loin. Malheureusement, la galère continuera encore un peu puisqu'après avoir cherché le port un bon moment, nous nous apercevons qu'il n’y a aucun bistrot à côté ! Nous montons finalement à bord peu après 18h00. La traversée va durer 12h30. Notre billet (le moins cher possible) nous donne accès à une grande salle où une quarantaine de personnes peuvent s’installer. Nous sommes juste au dessus de la salle des machines…la nuit sera longue. Nous filons au bar et après avoir descendu 2 Pietra Piana (bière locale à la châtaigne), nous allons manger un peu au self. Histoire de passer le temps, nous filons ensuite dans la salle cinéma où est diffusé un chef d’œuvre du septième art, "Camping 2". Enfin, c’est relatif. Nous allons ensuite nous coucher, au dessus des moteurs et au milieu de ronfleurs de niveau international. J’arrive à dormir un peu mais Julien, quant à lui, quitte la pièce pour aller dormir sur les banquettes du salon. Bonne idée, je le ferai au retour ! Le lendemain matin, nous voilà arrivé à Bastia. Nous grimpons dans un bus qui nous amène en 2h30 à Ste Lucie. De là, il nous reste 6 km à pied pour rejoindre le point de départ du GR20. Nous y voilà. Nous arrivons à Conca, à la limite sud du GR20, aussi appelé Fra li Monti par les corses. La première marque rouge et blanche en vue, nous entamons notre traversée. Dès les premiers hectomètres, le sentier s’élève significativement. Le paysage est très différent de ce à quoi nous étions habitués dans les Pyrénées. Les pins laricos dominent d’épaisses forêts et des dizaines de lézards se prélassent au soleil. Nous grimpons jusqu'à Bocca d’Usciolu (587 m). Après avoir franchi un passage étroit entre deux grandes roches, nous passons dans une autre vallée. Le ciel est clair et la vue dégagée. La mer de découpe nettement à l’horizon, où l’on distingue les îles qui bordent la Sardaigne. Nous reprenons notre chemin à travers une belle forêt. En quelques mètres, le sentier change du tout au tout. Nous étions sur un petit chemin de terre et nous voilà maintenant au milieu de grandes roches plates, puis dans du sable et de nouveau sur la terre. Nous franchissons par deux fois le ruisseau de Punta Pinzuta puis passons devant les ruines de Capeddu et arrivons sur l’arrête Bocca di u Sordu (1040 m). Nous y faisons notre première rencontre avec la faune locale. Un cochon sauvage, surprit par notre intrusion, détale à une vitesse ahurissante à travers les pins et les roches. Nous gagnons ensuite le plateau Massa d’u Grani (971 m) avant d’atteindre le refuge d’I Paliri (1055 m), notre point de chute du jour. La tente installée et la douche (glacée) prise, il ne nous reste plus qu'à manger et aller dormir pour récupérer des deux derniers jours. Ces premiers pas sur la terre corse nous ont émerveillés. Nul doute que le reste du périple sera tout aussi somptueux.
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