Samedi 26 novembre 2011
« J’y vais mais j’ai peur »
Dénivelé : +425 -650 Durée : 3h15
Ce matin, le réveil sonne à 6h30. Nous souhaitons partir au petit jour pour arriver le plus tôt possible chez les parents de Raj Kumar (notre guide), qui nous hébergerons ce soir. Les 4 porteurs qui nous accompagnent sont aussi originaires de ce village. Une fête est en préparation pour notre arrivée. Bref, tout est réuni pour que les quelques kilomètres qui nous séparent d’Arubot soit avalés rapidement. Nous partons dans la brume et descendons, par une sente très raide et glissante, les 500 mètres de dénivelé qui nous sépare de la première rivière à traverser. Le réveil musculaire est efficace, il n’est même pas 8h00 et j’ai déjà les cuisses qui brûlent ! Un immense pont suspendu nous fait face. Approximativement à une trentaine de mètres au dessus des flots, il permet de rejoindre la rive opposée. Seulement, il n’y a pas moins de 80 mètres à traverser. Certains compagnons de route, sujet au vertige, doivent prendre sur eux pour passer cette épreuve. Au fur et à mesure de notre avancée, l’amplitude du pont augmente avec la fréquence de nos pas. Enfin, nous sommes tous de l’autre côté. Un chemin grimpe dans les bambous. Nous nous retrouvons au sommet d’une petite colline qui domine le pont et les terrasses alentours. C’est superbe. Puis, le chemin redescend et nous rejoignons une deuxième rivière. Cette fois-ci, pas de pont pour la traverser Nous la longeons jusqu'à repérer un endroit où nous pourrons la franchir à pied. Nous trouvons un passage propice puis, enlevons nos chaussures et retroussons les pantalons. Le courant est puissant et l’eau est très fraîche. Il faut faire bien attention à ne pas glisser. Une fois sur l’autre rive, nous faisons une pause au soleil pour sécher nos pieds. Nos porteurs en profitent pour se laver dans la rivière. On voit bien qu'ils veulent se faire tout beaux avant de retourner au village. Après ça, une longue ascension, sous un cagnard terrible, nous conduit en haut d’un ravin. Il nous faudra plus d’1h30 pour en atteindre le sommet. Nous y trouvons un arbre sacré et de nombreuses offrandes contre ses racines. Il ne nous reste plus qu'à suivre une piste, sur les hauteurs du ravin. Il n’y a pas un souffle de vent et l’air est suffoquant. Malgré ça, la vue est superbe. Au loin, nous apercevons le village d’Arubot. Il domine la rivière que nous venons de traverser, celle-ci serpentant dans le fond de la vallée. Nous arrivons à l’école du village qui a été construite grâce à de généreux donateurs nippons. Puis nous bifurquons et entrons dans le village. Après les présentations avec les parents de notre guide, nous mangeons un peu et allons nous reposer. En début d’après-midi, je suis réveillé. Je descends dans la cour et je vous Raj Kumar, armé d’un kukuri (couteau-machette de l’armée népalaise). Et clac, devant mes yeux tout justes éveillés, j’assiste à la décapitation d’une chèvre ! Elle est ensuite rasée, dépecée, vidée et découpée en petits bouts. Au moins, pas de surprise pour ce soir, je connais déjà le menu !
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