Dimanche 20 mai 2012
« INDIANA JONES »
Dénivelé : +1065 -845 Durée: 7h00
6h15, c’est l’heure de se lever. La grasse matinée n’existe pas en trek ! Nos premières pensées vont vers la météo. La veille, nous avions récoltés quelques infos qui n’étaient pas des plus optimistes quant à l’évolution du temps. Le ciel est couvert mais pour l’instant, cela semble tenir. A 7h30, nous quittons Asinau. D’entrée de jeu, c’est 600 mètres de dénivelé qui se dressent devant nous. La pente est raide et les organismes sont mis à mal. Y’a pas à dire, ça décrasse ! Plusieurs fois, nous sommes contraints d’avancer, en se hissant à la force des bras. Finalement, nous atteignons un col (2025 m). De là, deux chemins s’offrent à nous. Soit nous continuons sur le nouveau GR, soit nous empruntons l’ancien. Le nouveau redescend dans la vallée et rajoute une étape de plus alors que l’ancien passe par les lignes de crêtes. Après un rapide coup d’œil aux nuages qui montent dans notre dos, nous choisissons de prendre l’ancien tracé. Nous partons donc à l’assaut du Monte Incudine (Alcunida en Corse), qui est le point culminant de la Corse du Sud avec ses 2134 mètres. Arrivée au sommet, la pluie. Nous accélérons donc la cadence. Nous passons devant la croix qui marque le sommet et repartons vers les crêtes. De nombreux de drapeaux de prières tibétains flottent au vent. Ce dernier souffle de plus en plus fort et nous sommes maintenant au cœur des nuages. Malgré tout, la vue reste relativement dégagée et les paysages qui s’étalent sous nos yeux sont toujours aussi fantastiques. Nous longeons toute la ligne de crête puis redescendons dans une épaisse forêt de hêtres, ce qui nous protègera de la pluie, du moins pour un moment. Nous arrivons à un pont suspendu qui permet de franchir le Furcinchesu. Malheureusement pour nous, le parc Corse est passé par là et a décidé d’empêcher l’accès à l’ancien tracé aux randonneurs. Les marques sur les pierres ont été recouvertes de peinture grise, les écorces des arbres ont été arrachées et les lattes du pont ont été sciées. Il va donc falloir traverser en marchant sur les câbles ! Il y a même des arbres qui ont été abattus et déposé en travers du chemin pour décourager les plus obstinés…mais pas nous ! Nous apprendrons plus tard que cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une étude sur la génétique des mouflons. En effet, l’ancien tracé coupe une voie de circulation des mouflons qui, par peur de l’homme, reste bloqués dans leurs vallées. Le consanguinisme forcé a fortement diminué le cheptel et a donc obligé les autorités à prendre des précautions pour ne plus perturber la migration des animaux. Tout ceci explique la présence d’une nouvelle étape sur le GR20. Une fois la rivière franchie, nous continuons notre route et nous retrouvons dans un décor qui, combiné au crachin, ressemble à s’y méprendre à la lande bretonne. De gros bloc de granit reposent ça et là, en bordure d’une forêt dense. Nous traversons la vallée et après avoir mangés un peu, nous réattaquons par une sente assez raide jusqu’à une nouvelle ligne de crête. La pluie s’intensifie et le vent finit de nous frigorifier. La dernière portion de l’étape du jour est très aérienne. Nous suivons la crête en slalomant entre d’énormes roches. De nombreux passages techniques nous forcent à redoubler de vigilance. Nous arrivons finalement au refuge d’Usciolu (1750 m), complètement gelés. A l’abris d’un petit poêle à bois qui a du mal à réchauffer la pièce, nous étendons comme nous pouvons nos vêtements trempés à côté de ceux des 4 autres randonneurs présents dans le refuge. Nous passons ici la fin de la journée, à discuter avec nos nouveaux compagnons dont l’un nous fait étrangement penser à Bear Grylls, la star de "Men Versus Wild". La journée s’achève et nous nous installons dans les couchettes du refuge après avoir fait un rapide point sur les prévisions météorologiques avec le gardien…et ce dernier n’est pas des plus optimistes.
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