Lundi 21 mai 2012
« BIBIFOC »
Dénivelé : +697 -747 Durée: 4h15
Après une bonne nuit de sommeil dans le refuge d’Usciolu (11h00 quand même !), nous nous levons à 7h00. Les batteries sont rechargées à bloc et nous partons rapidement car nous n’avons pas la tente à replier. Nous reprenons donc le chemin dans une brume épaisse. La température est fraîche et le fond de l’air humide. Cela ne laisse rien présager de bon pour la suite. Le sentier s’élève doucement jusqu’aux crêtes d'Acqua d' Acelli (1910 m). Nous suivons cette ligne de niveau aux alentours des 1900 mètres d’altitude. Là-haut, le vent souffle violemment. Peu avant de rejoindre la forêt, à Punta Mozza (1586 m), la pluie commence à tomber. De grosses gouttes d’une extrême froideur nous détrempent en quelques instants. De plus, le vent n’a pas faiblit et les rafales finissent de nous frigorifier sur place. Après une brève halte à Bocca di Laparo (1525 m), à l’endroit où le chemin Mare a Mare croise le GR20, nous repartons vers une autre ligne de crêtes. Le froid s’intensifie. Les conditions sont très particulières par rapport à ce que nous nous attendions en venant en Corse mais cela n’enlève rien aux charmes de l’île de beauté. Arrivés sur les crêtes, la grêle nous accueille subitement. Notre progression est de plus en plus difficile. Nous traversons de grands pierriers, rendus glissants par les conditions climatiques. Et puis, c’est l’apothéose. La neige fait son apparition. De gros flocons, au rythme des rafales, nous fouettent le visage. Sous l’impulsion du vent, la neige remonte la pente. C’est hallucinant ! La température continue de dégringoler. Il nous faut nous hâter. Petit à petit, la montagne revêt son blanc manteau. Malheureusement pour moi, j’avais fais le choix de ne pas emporter de gants. J’ai les mains gelées. Je ne peux même pas les mettre dans mes poches car de nombreux passages techniques nous obligent à nous servir de nos quatre membres pour continuer notre progression. Et comme si ce n’était pas suffisamment difficile, il nous faut aussi être des plus attentifs aux marques et aux cairns qui se distinguent difficilement dans ces conditions dantesques. Nous descendons enfin de la dernière ligne de crête et arrivons au refuge. Nous ne le distinguons qu'au dernier moment car le brouillard est revenu pendant la descente. A peine arrivé dans le refuge de Prati (1815 m), nous nous hâtons de revêtir des vêtements secs et nous installons prêt du poêle, qui tourne à plein régime. et qui ne cessera d’accueillir des randonneurs transis tout au long de l’après-midi.
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