Mardi 22 novembre 2011
« On m’a dit d’venir mais pas d’venir avec des bagages »
Dénivelé : +910 -185 Durée : 3h15
Ce matin, c’est un réveil aux aurores. Il est 5h15 et Thamel dort encore. Il n’y a pas un bruit dehors et ce calme est plutôt déconcertant quand on connaît l’agitation que connaissent les rues durant la journée. Les sacs sont prêts. Après avoir laissé à la consigne de l’hôtel les bagages que je n’emporterai pas en trek, je rejoins mes compagnons. Nous grimpons dans un taxi qui nous conduit à la gare routière de Katmandou. La ville s’éveille doucement et le chant des klaxons, auquel participe notre chauffeur, annonce le début de la journée. Malgré l’heure matinale, la gare grouille de monde. Tout autour de nous, des voyageurs, des marchands ambulants, des taxis en recherche de clients se massent près des cars. Au milieu de cette foule, il est difficile de se retrouver. Heureusement pour nous, Raj Kumar, notre guide, ouvre la voie. Nous grimpons à bord d’un bus Tata aux couleurs arc-en-ciel. A l’intérieur, nous nous entassons sur les banquettes, avec les sacs sur les genoux. Je n’ai jamais vu autant de monde entré dans un bus. Nous devons être un peu plus de trente pour une vingtaine de sièges ! Du coup, de nombreuses personnes montent sur le toit. Assis sur mon siège, je constate que mes grandes jambes ne sont pas adaptées aux transports népalais et je m’apprête à vivre 6h00 de car avec les genoux écrasés sur le dossier du siège devant moi. Les sacs s’entassent dans l’allée centrale, la radio crache à tout rompre, bref, ce voyage, au cœur de la population locale, promet d’être peu banal. Nous quittons la ville. Au rythme de son klaxon, le chauffeur fonce sur les grands boulevards. Pas de priorité à droite ici, la priorité revient au plus gros, en l’occurrence…nous ! Vers 9h00, nous nous arrêtons pour manger le repas de midi. En effet, il n’y a plus aucun restaurant sur le reste de la route. Nous mangeons donc notre dal bhat, avec les doigts, puis remontons dans le bus. Cette fois-ci, finit le bitume et place aux pistes de montagne. Je crois avoir rarement eu aussi peur dans ma vie. Le bus roule cahin-caha sur une route piégeuse et glissante à cause de la boue. Nous slalomons entre les roches en frôlant de très près un ravin !!! Le comble, c’est que dans ces conditions, nous croisons un autre bus et nous voilà embarqué en marche arrière, en pente, en bordure d’un gouffre d’une centaine de mètres. Finalement le bus nous dépose à Chaicssap, à 30 minutes du départ du trek, la boue l’empêchant d’aller plus loin. C’est donc d’ici que notre marche commence. La vue est superbe. Devant nous, la frontière tibétaine et ses sommets à 7000 nous toise. Nous passons devant quelques fermes puis commençons à grimper. Au loin, nous apercevons un 8000. Il s’agit du Manaslu, le 8ème plus haut sommet du monde qui culmine à 8156 mètres. Nous montons jusqu’à Sailung Danda à 3146 mètres. Au sommet, un temple et des traces d’incinération témoignent de la connotation religieuse que les autochtones apportent à la montagne. Nous redescendons ensuite vers le petit village de Khola Kharka (2190 m) où nous passeront la nuit. Nous nous installons chez l’habitant. Le repas partagé avec nos hôtes est des plus enrichissants malgré la barrière de la langue. Mais la fatigue prend rapidement le pas et c’est dans mon duvet et sous une grosse couverture que je me laisse bercer par la fraîcheur des cimes.
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